vendredi 1 février 2013

J’ai passé l’oral du concours d’attaché territorial

Je vais vous parler de mon expérience de cet oral, et pour rester un minimum objectif (parce que oui ça s’est mal passé), je vais d’abord vous parler de mes erreurs vis à vis de cette épreuve et de mon ressenti personnel sur l’épreuve, pour ensuite vous en raconter le déroulé.

Erreurs et ressenti

Mes erreurs

J’ai voulu tout revoir, tout réviser, tout envisager et peut-être même trop. De ce fait, bien entendu le jour J, je ne me souvenais de rien en détail, et j’avais oublié les choses les plus simples (le salaire du fonctionnaire ? un traitement! Ma mère m’a d’ailleurs fait remarquer, en tant que fonctionnaire dans la fonction publique hospitalière, que c’était logique, traitement=traiter=insulter, et “vu comment nous sommes mal payés, c’est normal”.)

J’ai orienté la discussion sur ce que je voulais et pas sur ce que je pouvais. Ici, c’est à la fois une erreur de préparation, vu que dans le pitch que j’avais préparé, j’ai bien indiqué que je voulais faire de la finance, et une erreur sur place en confirmant cette ambition. Alors, bien sur une fois sur place, je me suis faite piéger, n’étant pas une spécialiste du tout dans le domaine (sans que cela ne cesse de m’intéresser et que je ne cesse d’en apprendre). Si c’était à refaire j’orienterai simplement la discussion sur les contrats publics.

J’ai parfois été trop floue dans mes réponses avec le stress. Je ne sais pas vous, mais quand je stresse, je parle encore plus vite que d’habitude et mes propos sont parfois déformés par mon débit, j’ai un vague souvenir d’avoir mis délégation et régie dans un même mot. D’ailleurs, dans le stress et la soulagement de la fin de l’épreuve, j’ai failli ne pas saluer mon jury, mauvais point!

Mon ressenti

Je n’ai aucune idée de la façon dont il est possible de quantifier un tel entretien avec une note sur 20. En effet, si j’ai été mauvaise et le reconnait. Il y avait certaines questions d’une totale subjectivité avec lesquelles, je ne peux être en accord avec le jury. Je ne sais pas si c’était uniquement une posture de jury, ou si les trois jurés étaient d’accord avec ce qu’ils avançaient (je vais en reparler dans ma partie sur le déroulé de l’entretien).

Je ne vois pas comment ces 20 minutes d’entretien permettent de dégager quoi que ce soit d’un candidat. Les questions étaient souvent clichés: “vous qui êtes juriste, vous pouvez nous citer n’importe quel texte de loi qu’on va vous demander non?” (en fait non! bien que je me doutais que ce genre de questions aller être posé, je n’ai jamais été adepte du fait d’apprendre des numéros de lois juste pour le fun). Je n’ai eu aucune question RH, en tant que tel (ce que j’avais bien bosser pourtant), hormis “vous pensez être capable de le faire?” (oui! Sinon pourquoi, je serai là, même si c’est évidemment  un piège également d’être trop sure de soi, je pense toujours que j’en suis capable).

La posture du jury était également cliché: la jurée qui a le nez constamment dans son cahier, et donc de laquelle il faut chercher le regard, le juré du milieu qui reste calme et mène la plupart des questions, la jurée agressive qui n’est d’accord avec rien de ce que vous dite et pose donc ses questions que sur un ton agressif et condescendant. Je ne sais pas, si ça apporte quelque chose, sur le fond de la discussion à postériori. En plus de la déception d’avoir été mauvaise sur les questions faciles, je n’ai retiré aucun enrichissement de la discussion (même si ce n’était pas le but évidemment).

Les épreuves

Je trouve que les épreuves dans l’ensemble ont bien été organisé par le cdg54, en effet, il n’y a pas de temps d’attente excessif entre l’heure de la convocation et le passage des épreuves, tout se passe parfaitement bien (même si j’ai eu le temps d’alpaguer le jeune homme qui attendait en même temps que moi, tout le long pour essayer de ne pas stresser, s’il passe un jour par ici, je suis désolée!).

L’épreuve de langue

Oui, on l’oublie un peu vite, mais l’oral du concours d’attaché territorial comporte une épreuve de langue obligatoire (en externe tout du moins). Le déroulé est conforme à la description:

Tirage au sort d’un texte au hasard. Je suis tombée sur un article du New York Times, si je me souviens bien, sur l’importance de préserver les reliques de la Lune, si les générations futures pensent à y retourner.

15 minutes pour préparer la traduction du texte (ce qui passe relativement vite, mais est suffisant, le texte faisant environ une page, j’ai réussi à traduire l’ensemble, excepté les deux phrases de fin).

15 minutes de passages devant le jury qui se décomposent avec 2 minutes de lecture du texte, 3 minutes de traduction (je ne sais pas si le timing a été respecté précisément, ne voyant pas le timer), et une discussion d’abord sur le texte et si le sujet est épuisé, avant la fin du temps imparti, des questions plus générales.

Ma grammaire et mon vocabulaire n’étaient pas toujours adéquates, mais j’ai essayé de communiquer le mieux que je pouvais, le jury était ici communicatif et ouvert (ce qui ne veut évidemment rien dire sur la note finale, mais c’était agréable avant l’entretien!).

L’entretien

Le Jury était ici composé de trois personnes, un élu, une personnalité qualifiée et un fonctionnaire (pour moi deux femmes et un homme).

Le juré du milieu m’a indiqué que j’avais trois minutes de présentation et qu’ensuite, il y aurait des questions (je ne me souviens pas le qualificatif qu’il a employé).

Donc j’ai fait mon pitch, je ne sais pas si j’ai tenu les trois minutes, mais je n’ai pas eu de remarque à ce sujet.

Ensuite la première question a été de savoir, ce que j’avais vu en finance vu que je voulais être dans un service financier.

Si je pensais être capable de gérer étant donné que j’avais peu d’expérience et d’acquis.

Ensuite, la première question, il me semble a été:

  • les droits et obligations du fonctionnaire (j’en ai oublié) – comme je suis juriste, la loi qui régit ces droits et obligations (Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, mais je ne m’en souvenais pas!)
  • des questions sur l’emprunt et sa position dans le budget
  • des questions sur la réforme territoriale (j’avoue que là aussi, je n’ai pas été brillante, et je me doutais que je ne le serai pas, entre la loi avortée de l’ancienne majorité et le projet de Madame la ministre Lebranchu qui n’est qu’un avant-projet, je suis perdue, si vous avez d’ailleurs un article ou un dossier sur le sujet, je suis preneuse)
  • des questions sur la réforme des rythmes scolaires qui ont abouti sur une question sur comment dégager des ressources pour financer les activités découlant de la réforme
  • la question a été posée “vous qui avez fait du contrôle de gestion, dite nous ce que vous envisager pour pouvoir financer ses activités?” Et c’est principalement, là dessus, que je ne suis absolument pas d’accord avec ce qui a pu être avancé. Forte de mon expérience et de mes recherches, je suis partie sur un laïus sur la réorganisation des services, des contrats, faire des économies d’échelle, chercher des nouvelles sources de revenus, des revenus que l’on peut potentiellement augmenter. Chose à laquelle, je me suis vue opposer un “non, mais vous me dites tout ça et vous ne pensez même pas qu’en fait il faut augmenter les impôts!”. Bien sur, je ne suis pas du tout d’accord avec cette vision simpliste, sachant que la question a été énoncée par un “vous qui avez fait du contrôle de gestion”, je me dis que si un jour je suis en poste, que je mets en place des tableaux de bord, que je mets le doigts sur des réorganisations possibles, des contrats à renégocier des services à prendre en régie au lieu de les déléguer, et que au final, je dis “boarf, on augmente les impôts”, j’aurai quand même le sentiment d’être un mauvais attaché. J’ai avancé, à cet argument “massue” des impôts que l’on était dans un mandat électoral et que ce n’était peut-être pas la bonne solution pour s’assurer une réélection, ce à quoi on m’a opposé “boarf, les gens oublient vite, il faut augmenter en début de mandat, et ca ira”. Alors, comme je disais, je ne sais pas si c’est une posture, ou si c’était vraiment une opinion partagée par l’ensemble du jury, mais c’est vraiment subjectif, fataliste et quasi '”stupide” en tant de crise: augmenter les impôts, c’est prendre à la gorge la classe moyenne, faire payer plus d’impôt à la classe moyenne qui se paupérise déjà, c’est augmenter le risque de fraude, augmenter les demandes d’aides sociales et donc ne résout aucun problème à mon sens. Après, cela reste mon opinion, et deux visions se confrontent surement ici.
  • Il me semble qu’après cela, il y a une dernière question sur la comptabilité de l’ordonnateur, à laquelle je n’ai pas eu le temps de finir de répondre.

Comme, je le disais plutôt, je n’ai pas été brillante lors de cet entretien, je le regrette, mais je ne suis pas sure que j’aurai fait mieux avec des semaines de révision en plus. Je pense que si c’était à refaire, comme je le disais, je m’orienterai plus sur mes forces, plutôt que mes envies (qui peuvent être des faiblesses). Et je resterai plus zen sur les questions possibles lors de l’entretien, au lieu de vouloir absolument tout voir, tout savoir (ce qui ne mène à rien au final).

Et je vous laisse avec la tenue que j’ai porté lors de cet oral de concours, je sais que cela vous intéresse étant donné que le trafic de ce blog tient beaucoup de ma vision de la tenue pour un entretien d’embauche (devrais-je me recycler dans le conseil en image?!).

ach 13-5

Anne-Claire

6 commentaires:

  1. Bonjour Anne-Claire et merci pour votre témoignage. L'épreuve orale d'anglais au concours d'attaché territorial est en effet très clairement explicitée dans une note de cadrage que tous les candidats doivent bien lire : le jury attend la lecture d'une partie du texte, puis la traduction d'une partie du texte et ensuite, il attend SURTOUT un compte-rendu de l'article. Viennent pour finir des questions sur le thème de l'article puis des questions plus personnelles. C'est précisément pour aider les candidats à réussir cette épreuve d'anglais au concours d'attaché territorial que j'ai rédigé le manuel "Réussir l'anglais aux concours administratifs" (De Boeck, 2013) puisque je suis également examinateur au CDG 33. Je propose également, à partir de la rentrée, une préparation en ligne à cette épreuve : http://anglais-territorial.fr/
    Bon courage pour la suite de votre parcours. Pierre Couturier

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  2. Bonjour, merci pour ces précisions. Mais comment se fait-il que la note de cadrage de l'épreuve ne mentionne à aucun moment la nécessité de faire un compte-rendu de l'article ? Le jury invite-t-il systématiquement le candidat à faire ce compte-rendu ?

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  3. Un compte-rendu de l'article ? Pour la note d'anglais, je suppose ? J'ai repassé l'oral cette année et forcément, on va nous poser des questions en rapport avec le texte suite à la traduction, pas forcément un compte-rendu, mais cela aura un rapport avec le texte et ce que l'on en a pensé.

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  4. Bonjour Anne-Claire,
    Merci beaucoup pour ce compte rendu d'oral très instructif, car je passe lundi et je suis avide de retours d'expérience...Etait-ce différent cette année?
    En tout cas concernant l'anglais, la note de cadrage ne mentionne pas de compte rendu, ce qui n'est pas plus mal parce que sinon les 15 minutes ne peuvent pas servir à traduire le texte, s'il faut en faire un commentaire.

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    1. En théorie, vous ne passerez pas 15 minutes à traduire le texte. Les textes font tous une petite page. Cette année, je suis tombée sur un article sur l'écologie dans la ville de Copenhague. J'ai eu le temps de lire le texte en entier, de traduire et ensuite j'ai eu droit à des questions sur le texte et ma position sur l'écologie etc.

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  5. Bonjour, vous avez passé le concours en interne ou en externe ? Je viens de passé attaché ville de Paris et je l'ai raté...
    ML

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